[K par K] De Kindle à Kobo

J’ai découvert la lecture numérique il y a maintenant quelques années, avec l’achat d’une Kindle en décembre 2011. Il s’agissait d’un modèle de 4e génération : 6”, 167 dpi (dot per inch, ou point par pouce), assez chouette pour l’époque. Il y avait encore des boutons sous l’écran d’ailleurs, absence de tactile oblige.

Las, pour des raisons depuis oubliées, je dus en changer en 2015. Mon choix s’est porté sur une Kindle Paperwhite de 2e génération (6”, 212 dpi) qui est restée ma liseuse jusqu’à aujourd’hui.

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Libre librairie

Bon, il est temps d’adresser un premier point de friction : Amazon. En 2011, je me préoccupais assez peu d’Amazon en tant que société, me contentant de profiter de la boutique ici ou là au gré des besoins et envies.

Il faut aussi admettre qu’à l’époque (eh, je parle comme un vieux), le choix en matière de lecture numérique se trouvait également moindre et Kindle restait la marque de référence. Je n’étais pas du tout attiré par les Sony Reader, même si le PRS-650 m’apparaissait assez joli en rouge.

Mais entre 2011 et 2022, mon regard sur le Amazon à changé à plusieurs reprises, en passant de l’utilisation régulière à un boycott total avant de tolérer finalement certains aspects tout en en décriant d’autres.

J’ai donc cessé assez rapidement d’acheter mes ebooks sur la plateforme et j’évite encore aujourd’hui au maximum d’y acquérir le moindre livre (commandez auprès de vos librairies, bordel !).

Cette décision m’a poussé vers deux objectifs : en premier lieu, récupérer une version non verrouillée des ebooks préalablement achetés au format AZW (fichier propriétaire Amazon, le plus souvent équipé d’un DRM). Par chance, il existe aujourd’hui encore des solutions assez accessibles pour retrouver la pleine possession de ces fichiers.

Ensuite, il a fallu trouver d’autres échoppes. Et heureusement pour moi, c’est à cette époque que ce sont développées d’autres librairies en ligne et que les éditeurs ont également commencé à tenir leur propre magasin. Seul impératif que je me fixe : aucun DRM. Si un livre que je souhaite en numérique n’existe pas sans verrou, alors je préfère l’acheter en papier.

J’en profite donc pour glisser un gros merci à ceux qui jouent le jeu : le Bélial’, ActuSF, la Volte, les Moutons Électriques, 7 Switch et j’en oublie beaucoup.

Au moment de passer de ma première Kindle au modèle Paperwhite, j’ai donc hésité. D’un côté je ne souhaitais pas soutenir Amazon. De l’autre, cette liseuse me semblait être le meilleur modèle pour moi. J’ai donc tranché : utiliser le matériel produit par Amazon (au demeurant excellent), ,mais m’approvisionner en livre par ailleurs. Bien que le format standard Pub ne soit pas supporté sur Kindle, cela n’a rien d’insurmontable :

  • On ne présente plus Calibre, la solution parfaite pour gérer sa bibliothèque d’ebook. Rangement, modification, conversion, etc. Le moyen le plus simple de conserver une collection avec des fichiers EPUB conjointement avec une conversion en AZW.
  • Quelques sites proposent de télécharger un livre acheté dans différent format. Le Bélial’ par exemple, qui permet de choisir entre EPUB, Kindle (le format mobi, antérieur à l’AZW) ou le simple PDF.
  • Sur le tard, j’ai entrepris de modifier quelque peu ma Kindle en lui ajoutant des fonctions non prévues au départ, notamment un lecteur compatible EPUB.

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Cette solution (Kindle + Calibre + choix strict des boutiques + modification de la liseuse) m’a parfaitement convenu pendant des années. La liseuse elle-même demeure très efficace, simple d’utilisation et réactive, un vrai bonheur que ce soit à la maison ou en déplacement. Et juste le bon format pour une poche de jean (pour un homme en tout cas).

Un format qui s’oublie

Avant d’aborder le sujet du changement de liseuse, digressons quelques instants sur l’objet lui-même. Je vais commencer par évacuer la question du papier vs liseuse. Pour moi, cela n’a jamais nourri le moindre débat. Je suis encore aujourd’hui surpris par deux types de discours : l’un oppose systématiquement les deux supports comme s’il ne pouvait en rester qu’un. Conor Paper ou eReader McLeod, à votre convenance, comme s’il s’agissait forcément d’un choix exclusif. Et bien non, on peut même aimer les deux et je prends toujours autant de plaisir à lire en numérique que sur papier.

L’autre consiste en un rejet pur et simple du numérique, mettant sur un piédestal les qualités nobles du papier (le touché, l’odeur, le poids) comme forcement opposées et supérieures à l’aspect plus froid et neutre d’une liseuse. C’est souvent, du constat que j’en fais en tout cas, une opposition de principe sans même avoir essayé de lire des ebooks. Or comme on l’a vu plus haut, on peut très bien aimer l’objet livre (et certains formats restent à mon sens plus approprié à ce support), sans pour autant renier le plaisir de lire sur liseuse. Et avant même d’aborder les avantages que cela peut présenter.

Bref, j’aimerais voir moins d’oppositions de principe et je suis content qu’on vive à une époque ou chacun peut lire comme il l’entend.

Revenons à nos pixels. Je ne pourrais pas mieux résumer mon avis sur l’objet liseuse que ce texte écrit par Jason Zimdars, « A love letter to the Kindle ». Sous un titre au premier abord orienté, cela peut en réalité s’appliquer à presque n’importe quelle liseuse.

C’est en anglais et je vous invite à le lire, c’est assez court et bien expliqué. Je vais me contenter de reprendre et traduire au mieux les principaux points :

  • C’est un appareil durable (plus que la moyenne en tout cas). Son usage très spécifique et qui ne nécessite aucune mise à jour particulière en fait un objet qui ne devient pas obsolète ;
  • C’est un appareil fait pour être utilisé : un design efficace dédié à un usage de tous les jours ;
  • C’est un appareil tellement simple, tellement monotâche, tellement élémentaire, qu’il n’attire aucune envie particulière ni aucun besoin de changement ;
  • C’est un appareil qui n’a besoin de rien, dont les fonctionnalités sont limitées au minimum et qui n’a pas pour vocation de surveiller ce que fait l’utilisateur ;
  • À une époque où le multitâche s’impose, ou chaque téléphone est un ordinateur, la liseuse existe pour lire, et pour rien d’autre.

Je peux émettre un petit bémol sur le fait que l’utilisateur n’est pas surveillé. Dans le cas d’Amazon en tout cas, laisser la synchronisation activée permet à la fois de remonter tout un tas de statistiques personnelles au constructeur, mais également de l’aider à mieux cibler ses pubs.

Et là, c’est le drame

Hélas, tout n’est pas rose. Aussi durable que soit une liseuse, il peut y avoir des pépins. Je ne parle forcément de l’accident bête qui casse l’écran, mais de la batterie.

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L’autonomie de ma Kindle a commencé à fondre il y a 3 ans, la liseuse avait alors 4 ans. Il m’arrivait de poser la liseuse avec 100 % de batterie, pour la rouvrir une semaine après avec 20 % restant, wifi éteint.

J’ai tenté de la remettre à 0, de la mettre à jour (vu que je l’utilise toujours déconnectée, je rate facilement un update du firmware), sans résultat probant.

Il y a quelque temps, j’ai décidé de passer à la vitesse supérieure : j’ai trouvé et commandé une batterie de rechange. Un tournevis et 10 min plus tard, l’opération était terminée et j’ai cru profiter d’un regain d’autonomie pendant quelques jours. Fausse joie, la situation était en réalité tout aussi dégradée.

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C’est là que j’ai décidé de jailbreaker la liseuse (solution difficile, mais qui reste possible pour mon vieux modèle). Si la batterie elle-même apparaissait hors de cause, c’était peut-être un souci logiciel. Si je suis content d’avoir apporté quelques options en plus, cela n’a rien changé pour la batterie.

Entendons-nous bien, je ne reproche rien à Amazon ici : il n’y a aucun plan d’obsolescence ou autre et le changement de batterie à démontré que le souci ne venait pas de là. D’ailleurs, ma conjointe utilise une Paperwhite un peu plus ancienne que la mienne sans le moindre problème depuis toutes ces années.

Et comme si cela ne suffisait pas, elle a commencé à planter. C’est-à-dire que quand je lis un livre en papier, la liseuse attend gentiment à côté de mon lit. Et souvent, je la retrouve donc avec la terrible icône signifiant une batterie vide.

Jusque là, il suffisait de la brancher pour qu’elle reparte dans la minute et se recharger. Sauf que maintenant, quand je la branche… il ne se passe rien. Je tente le hard reboot et même le hard reset, rien n’y fait. Parfois elle se rallume après 5 min, certaines fois après plusieurs heures…

Charles Darwin

J’ai donc commencé à tenir un petit comparatif technique des liseuses sur le marché, histoire de pouvoir simplement suivre les points forts des modèles principaux. Puis j’ai attendu, dans l’idée de faire durer quand même la Kindle autant que possible.

Les soucis étant toujours présents et mon anniversaire approchant, j’ai décidé de me faire un cadeau et de changer. Gros avantage aujourd’hui, il y a du choix ! Et du bon choix même, entre Vivlio, Booléen, Amazon et Kobo, on a une poignée d’excellentes liseuses.

Pour réaliser une première sélection, j’ai décidé d’opter pour un modèle waterproof (c’est quand même bien de lire dans son bain), avec une meilleure résolution (dpi) et un mode nuit (lumière auto et température de couleur adaptée).

Ma shortlist s’est donc resserrée sur ces modèles :

  • Vivlio Touch HD Plus
  • Kobo libra 2
  • Kindle Paperwhite 2021
  • Kobo Sage
  • Kindle Oasis

Après réflexion, j’ai écarté Vivlio. Dans l’absolu, l’idée de soutenir une société lyonnaise me plaisait. Toutefois, j’ai déjà fait l’acquisition d’une Touch Lux 4 de la marque, pour ma fille, et je suis assez déçu par l’expérience. La qualité de fabrication du châssis me semble moindre que celle d’une Kindle d’entrée de gamme : il y a un peu de jeu, ça grince légèrement, le plastique n’inspire pas confiance, tandis que la partie logicielle me paraît assez lourde. Cela va sans doute s’améliorer au travers des mises à jour (si toutefois la lux 4 est concernée), mais jusque là mes tentatives de lecture dessus n’étaient pas agréables.

Un mot rapide sur les autres modèles de la marque : la Color ne m’attire pas plus que ça et Touch HD Plus est restée sur le banc de touche à cause de mon apriori sur le logiciel.

La Kindle Oasis est une Rolls, mais trop avancée pour mon usage. Quant à la Paperwhite, c’est à coup sûr une excellente liseuse, dont j’adore l’aspect lisse sur l’avant, mais j’ai finalement décidé de changer de crémerie.

Le peu de différence entre les modèles Sage et Libra 2 de Kobo m’a en définitive fait penché pour la seconde. Le design asymétrique (commun au deux) a également joué dans mon choix.

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Après quelques jours, je suis très content de ce choix. Malgré un format plus grand que la Paperwhite, le poids reste similaire et la prise en main est très agréable, notamment grâce à cette possibilité de mieux la tenir par le côté. La présence d’un accéléromètre permet à l’affichage de se retourner automatiquement si je change de main.

L’affichage est joli : je profite d’un texte plus net et mieux contrasté qu’auparavant et d’un éclairage doux et uniforme (là où la Paperwhite laissait deviner la position des LEDs en bas de l’écran, avec des ombres légères dans les interstices).

Je suis également ravi de pouvoir tourner les pages via le tactile ou avec les boutons sur le côté. Ce qui me surprend moi-même : j’ai longuement été convaincu par le tout tactile sur une liseuse et y étais bien habitué. Finalement, le choix est intéressant et dans un usage à une main je me prends à naturellement utiliser les boutons.

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RAS sur la partie logicielle : les principes fondamentaux ne changent pas vraiment. L’interface proposée par Kobo est claire et soignée, reste réactive et propose suffisamment d’options pour s’adapter à mes goûts. Je retrouve une compatibilité plus large en termes de formats [Epub (DRM)/PDF/Mobi/CBZ/CBR] et comme j’ai déjà converti l’ensemble des anciens achats Amazon en EPUB, par souci d’archivage, ma bibliothèque m’a suivi sans encombre.

J’ai également opté pour une Sleep Cover : depuis quelque temps je n’utilisais plus aucune protection pour la Kindle, surtout parce que j’ai fini par trouver l’étui officiel trop lourd et trop épais. La Kobo dispose d’un dos texturé assez agréable, mais j’ai tout de même tenté le coup avec l’étui du fabricant. Il est aimanté, la liseuse s’allume à l’ouverture, se met en veille à la fermeture, et le rabat reste plaqué à l’arrière quand je lis. Ce même rabat peut aussi se plier à la façon d’un origami pour servir de support vertical ou horizontal, pratique.

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À noter que le format 7” apporte un vrai confort face aux 6” de la Kindle : sans doute un effet de la nouveauté, mais je trouve cela réellement plaisant.


Quelques jours, c’est à la fois peu et suffisant pour se faire une idée. Le bilan semble pour le moment positif et j’essayerai de rédiger un petit retour d’expérience d’ici quelques mois pour voir si l’impression se confirme. D’ici là, j’espère surtout que cette liseuse connaitra une vie aussi longue que la Paperwhite (7 ans tout de même), si ce n’est plus !

Cet article a été mis à jour le 22.04.18